Cet article tente de proposer une analyse comparative du modernisme architectural qui a émergé à la fin du XIXe et surtout au cours du XXe siècle aux pays du Maghreb colonial, en Inde postcolonial et en Asie centrale soviétique. En recourant à la notion du double bind, on essaiera d’explorer le rôle contradictoire joué par le modernisme dans la modernisation du mode de vie des «périphéries orientales» d’(anciens) empires coloniaux, afin de comprendre mieux des spécificités de l’expérience soviétique. On distinguera dans celle-ci des phénomènes proches de pratiques modernistes coloniales et postcoloniales, de même que des potentialités autres encrées dans l’utopie communiste.

This article aims to propose a comparative analysis of modernism in architecture, which appeared at the end of the 19th and especially during the 20th century in colonial Maghreb, postcolonial India and Soviet Central Asia. Building on the notion of double bind, we attempt to explore the contradictory role that modernism played in the modernisation of the way of life in the “ Oriental peripheries ” of old colonial empires to better understand the peculiarity of the Soviet experience. We find in it some phenomena close to colonial and postcolonial modernist practices, as well as other potentialities inherent in the Communist utopia.